Ma pratique artistique s’articule autour de la fabrique et/ou de la restitution de récits, science-fictionnels, docu-fictionnels ou documentaires.

Formée à l’image imprimée et au livre d’artiste, la création éditoriale occupe
une place pivot dans ma production. Le dessin, la photographie, le collage, mais aussi l’écriture, la citation ou le détournement sont autant de langages qui alimentent mes éditions, le plus souvent sérigraphiées. Les contraintes et caractéristiques propres à la fabrique de l’estampe et du livre délimitent un champ technique et créatif dans lequel j’évolue et poursuis mes recherches narratives et visuelles.
Adepte des formes qui parviennent à exister et se diffuser en dehors de l’espace- temps de l’exposition, je pratique également – depuis 2022 – la création sonore, et tente de compiler une certaine éthique de la parole confiée à un plaisir de la composition musicale, auquel s’ajoute invariablement une pointe d’humour.
Les expositions constituent alors les occasions idéales pour présenter mes multiples dans des installations narratives, immersives et enveloppantes, pensées comme des décors à arpenter par le public, où peuvent dialoguer création éditoriale et sonore mais aussi, costumes, constructions textiles et autres éléments mobiliers.

Mes travaux tentent de contribuer au catalogue des imaginaires des futurs possibles, qu’ils soit souhaitables, probables ou aucun des deux. Ils s’appuient également sur mon affections pour les micro-histoires qui disent beaucoup, et
incarnent mes réflexions et positions quant à mon rôle social d’artiste dans un espace-temps hanté par le spectre d’une imminence sombre. Des figures et motifs
récurrentes, telles que le contexte du post-cataclysme, du point de rupture, de la
marge solitaire, ou encore la mélancolie matérielle, en puissance et en acte, hantent les récits que je mets en formes. S’y incarne néanmoins un solide optimisme performatif, qui porte son attention sur des phénomènes de résistance, de résilience, d’émancipation, de réinvention ou de quête de poésie dans un espace-temps délétère, ainsi qu’à la nécessité de re-création — malgré tout — dans un monde abîmé.

Mon processus de travail repose beaucoup sur le déplacement, l’expérience vécue, la rencontre, et sur la mobilisation d’énergies collectives, l’engagement de ma pratique auprès d’autres individu·es d’une communauté, ou la collaboration avec autrui. Il s’intéresse aux notions de convivialité, d’écologie politique ou encore d’éthique de la création, hérités des travaux d’Ivan Illich, André Gorz, Isabelle Stengers, Donna Harraway, Geoffroy de Lagasnerie, Günther Anders, ou Jean-Baptiste Fressoz. Plus largement, il évolue au sein d’un espace créatif poreux aux sciences humaines et politiques, à des formes de militance féministes matérialistes et écologiques radicales.